Le constat est sans appel et se répète avec une régularité déconcertante. Tottenham Hotspur semble incapable de se séparer de ses entraîneurs dans la sérénité. La dernière sortie d'Ange Postecoglou, viré malgré un titre européen, vient renforcer l'image d'un club où les relations entre le banc et la direction dégénèrent systématiquement.
Postecoglou et le constat d'une ambition limitée
L'Australien, limogé à l'été 2025 après avoir pourtant offert à Spurs leur premier trophée depuis près de deux décennies en remportant la Ligue Europa, n'a pas mâché ses mots. Invité sur le plateau de The Overlap, il a pointé du doigt ce qu'il perçoit comme un décalage entre les prétentions affichées par le club et sa politique sportive réelle. Selon lui, la structure salariale et les investissements ne sont pas à la hauteur des clubs les plus puissants, et une frilosité certaine empêcherait Tottenham de franchir le cap ultime.
L'explosion Conte, un précédent marquant
Cette analyse rejoint en écho la célèbre diatribe d'Antonio Conte en mars 2023. L'Italien, à bout, avait fustigé la "culture" du club et directement mis en cause la propriété, soulignant deux décennies sans titre majeur. Il avait alors estimé que changer d'entraîneur était inutile si la philosophie globale ne changeait pas, une critique frontale de la gestion de Daniel Levy.
Mourinho et le sentiment d'absence
Même José Mourinho, pourtant habitué aux clubs à haute tension, a admis ne ressentir aucun lien particulier avec Tottenham, un cas unique dans sa carrière. Il a évoqué le contexte particulier des matchs à huis clos pendant la pandémie, mais aussi le regret de n'avoir pu disputer une finale de coupe, une décision qui lui avait été retirée par la direction.
Pochettino, la seule exception notable
Dans ce paysage de relations conflictuelles, Mauricio Pochettino fait figure d'exception. Bien que lui aussi ait été remercié, l'Argentin a toujours gardé une forme de respect et de reconnaissance publique pour le travail de Daniel Levy, saluant la transformation du club sur le long terme, notamment avec la construction du nouveau stade.
Cette succession de départs houleux, du limogeage de Thomas Frank après seulement huit mois aux critiques acerbes des grands noms du métier, interroge sur la capacité de Tottenham à construire un projet sportif stable. Le club attire les techniciens de renom, mais semble incapable de les retenir dans un climat apaisé, un paradoxe qui continue d'entacher son ambition de rejoindre l'élite absolue.
Laisser un commentaire