Le match entre l'Eintracht Francfort et Werder Brême, vendredi soir, a offert un spectacle à six buts mais a surtout mis en lumière les fragilités tactiques des deux équipes. Alors que l'ancien entraîneur de Francfort, Oliver Glasner, annonçait son départ de Crystal Palace, son successeur, Dino Toppmöller, voit son propre avenir devenir de plus en plus incertain. Cette rencontre pourrait bien avoir été l'une de ses dernières sur le banc de la Bundesliga.
Werder Brême : une défense à six qui finit par tenir
Malgré une défaite 3-0 à Dortmund en milieu de semaine, l'entraîneur de Brême, Ole Werner, a pris le risque de reconduire exactement la même équipe. Son dispositif en 4-2-2-2, qui pouvait rapidement se transformer en bloc défensif à six joueurs, a très mal commencé en concédant un but dès la 51e seconde. Les joueurs de Brême, comme Yukinari Sugawara ou Senne Lynen, semblaient perdus dans leurs marquages.
Pourtant, le système a fini par porter ses fruits. Sugawara, en prêt de Southampton, a été particulièrement impressionnant sur son côté droit, dominant avec succès Nathaniel Brown et contribuant à renverser la dynamique du match. Si le football proposé n'était pas des plus éblouissants, il a permis à Brême de dominer statistiquement et de créer le danger.
Les changements tactiques de Werner en cours de match, avec l'entrée de Jovan Milošević, ont maintenu une structure solide, oscillant entre un 4-2-2-2 et un 5-3-2. Cette flexibilité a permis à l'équipe de percer le bloc francfortois à plusieurs reprises. La performance tardive de Justin Njinmah a même laissé entrevoir une piste intéressante pour l'avenir : un retour au 4-2-3-1 initialement envisagé par Werner, avec Milošević en pointe et Romano Schmid en meneur de jeu.
Eintracht Francfort : l'inexpérience défensive coûte cher
Face à l'absence de son nouvel attaquant Younes Ebnoutalib, Dino Toppmöller a opté pour un 4-1-4-1. Ce choix, ainsi que le retour de Fares Chaïbi et l'intégration de jeunes comme Nathaniel Brown et Nnamdi Collins, n'a pas apporté la stabilité espérée. La perte de Rasmus Kristensen sur blessure en première période a encore compliqué la tâche.
Le pressing de l'Eintracht n'a jamais été cohérent, et confier le rôle de sentinelle à Ellyes Skhiri, de retour d'une épuisante CAN, s'est avéré être une erreur. Le milieu de terrain francfortois est resté désespérément vide. La décision de remplacer Kristensen, toujours blessé, par Ansgar Knauff sans modifier le schéma a mis une pression supplémentaire sur les jeunes latéraux Brown et Collins, déjà en difficulté.
L'inexpérience de cette charnière défensive est un problème récurrent cette saison. Même si le capitaine Robin Koch a sa part de responsabilité, Toppmöller n'a pas réussi à développer le potentiel de ses jeunes pousses ou à instaurer une synchronicité de base. Les entrées prometteuses en fin de match de Can Uzun et d'Ayoub El Kaabi n'ont été qu'une maigre consolation.
La fin imminente pour Toppmöller ?
La question n'est plus de savoir si, mais quand. Dino Toppmöller est au bord du licenciement. Le calendrier chargé du mois de janvier, avec cinq matchs à venir, pourrait lui accorder un sursis technique, mais la situation semble intenable.
Le directeur sportif, Markus Krösche, s'est enfermé dans ses critiques publiques répétées et ne pourra plus reculer sans perdre la face. La colère est à son comble. Le club pourrait être tenté de suivre l'exemple du licenciement de Nuri Şahin à Dortmund en janvier 2024 et d'attendre que la situation se dégrade, mais une décision rapide, peut-être dès ce week-end avant la rencontre de Ligue des Champions contre le Qarabağ, semble plus probable.
Un entraîneur intérimaire ne réglera pas les problèmes structurels dans l'immédiat, ce qui laisse supposer que la recherche d'un successeur à Toppmöller est déjà activement en cours. Le match contre Brême aura peut-être été l'ultime preuve de l'incapacité de l'actuel technicien à corriger les erreurs défensives qui minent sa saison.
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