L'avis de Thierry Henry sur la gestion des conflits en club a fait grand bruit. Réagissant aux récentes déclarations de Mohamed Salah concernant son avenir et son temps de jeu à Liverpool, le consultant français a adopté une posture de sage, vantant une règle d'or : le silence en public.
Leçon de conduite d'un ancien turbulent
L'ancien attaquant d'Arsenal et des Bleus a affirmé n'avoir jamais exposé ses différends avec des entraîneurs comme Arsène Wenger ou Pep Guardiola dans la presse. Pour lui, protéger l'institution prime, surtout en période difficile. Un discours qui semble parfait sur le papier.
Cependant, cette leçon de discrétion entre en contradiction avec les premiers pas professionnels de Henry lui-même. Retour en 1996-1997. Le jeune prodige de l'AS Monaco, alors âgé de 19 ans, ne supportait pas de se voir fréquemment laissé sur le banc par son coach Jean Tigana, qui lui préférait des joueurs plus expérimentés.
Le jeune Henry, loin du silence monacal
Contrairement à ses recommandations actuelles, le futur champion du monde n'avait pas hésité à exprimer son agacement dans les médias de l'époque. Il avait confié son exaspération face à l'argument selon lequel il avait « le temps » devant lui, un sentiment qui le rendait furieux.
Ces prises de parole publiques avaient même contraint le président du club monégasque, Jean-Louis Campora, à intervenir pour rappeler le joueur à l'ordre, l'avertissant que ses déclarations pouvaient nuire à l'image du club. Parallèlement, des contacts supposés avec d'autres formations, dont le Real Madrid, perturbaient également l'environnement sportif.
Une mémoire sélective ?
Bien sûr, on peut arguer que la fougue d'un adolescent prometteur n'est pas comparable à la réflexion attendue d'un vétéran de 33 ans comme Salah. L'erreur de jeunesse est souvent plus pardonnable.
Pourtant, affirmer avec une telle assurance n'avoir « jamais » procédé ainsi frôle l'oubli sélectif. Thierry Henry a bien été ce talent impatient, dont l'ambition personnelle prenait parfois le pas sur la tranquillité collective. C'est d'ailleurs cette même flamme, cette intolérance à l'inaction, qui a forgé son caractère de compétiteur et l'a mené au sommet.
Devenu un monument du football, il prêche aujourd'hui une sagesse qu'il a dû apprendre à la dure. Peut-être aurait-il été judicieux, avant de juger la démarche de l'Égyptien, de se souvenir du joueur turbulent qu'il fut à ses débuts. La route vers la légende est souvent pavée d'impatience.
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