Accueil Liga Real Sociedad : la lourde succession d’Imanol Alguacil et l’échec de Sergio Francisco
Liga

Real Sociedad : la lourde succession d’Imanol Alguacil et l’échec de Sergio Francisco

Partager
Partager

L'été dernier, un cycle s'est achevé à San Sebastián. Après sept années marquantes, Imanol Alguacil a quitté son poste d'entraîneur de la Real Sociedad, laissant derrière lui un héritage considérable et un vide immense. La promotion de son adjoint, Sergio Francisco, devait assurer la continuité. Cinq mois plus tard, le constat est sans appel : l'expérience a tourné au fiasco, plongeant le club dans la zone rouge de la Liga.

L'ère Alguacil : bien plus qu'un projet sportif

Entre 2018 et 2025, Imanol Alguacil a transformé la Real Sociedad. Sous sa direction, le club a remporté la Copa del Rey en 2020, mettant fin à une disette de 40 ans, et s'est qualifié pour l'Europe à plusieurs reprises. Son ADN ? Un jeu basé sur la possession et une identité forte, ancrée dans les valeurs du club. Il a su parfaitement marier les produits du centre de formation, comme Mikel Oyarzabal ou Martin Zubimendi, avec des recrues de qualité à l'image de Takefusa Kubo.

Mais au-delà des résultats, Alguacil a instillé une culture unique. Proche de ses joueurs, accessible et humain, il était une figure paternelle pour de nombreux jeunes du club. Son départ, présenté comme un épuisement après des années d'engagement intense, a été un choc émotionnel pour l'effectif, certains joueurs de l'académie n'ayant pas caché leur émotion.

La succession impossible de Sergio Francisco

Pour le remplacer, la direction a choisi la continuité interne en promouvant Sergio Francisco, l'entraîneur de l'équipe réserve. Une décision logique sur le papier, mais qui s'est heurtée à une réalité complexe. Francisco a hérité d'un effectif affaibli par les départs majeurs de Zubimendi et, avant lui, d'Alexander Isak et Mikel Merino, dont les absences se font toujours sentir.

Le mercato estival n'a pas comblé ces lacunes. Les arrivées de Carlos Soler au milieu et de Gonçalo Guedes en attaque, en prêt, n'ont pas apporté l'impact escompté. La blessure du recrue Yangel Herrera et les pépins physiques d'Orri Oskarsson ont encore compliqué la tâche de l'entraîneur, qui s'est retrouvé sans véritable attaquant de pointe, contraignant Oyarzabal à évoluer dans un rôle qui ne lui correspond pas.

Une spirale négative et un limogeage inévitable

Sur le terrain, les résultats n'ont jamais décollé. En seize matches de championnat, Francisco n'a enregistré que quatre victoires. L'équipe a perdu son identité : elle ne créait plus autant d'occasions qu'auparavant et était vulnérable défensivement. La défaite à domicile face à Girona (1-2) le 15 décembre a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.

Le directeur sportif Erik Bretos et le président Jokin Aperribay ont pris la décision de se séparer de Francisco quelques heures seulement après le match. Le club, désormais à un petit point seulement de la zone de relégation, a de nouveau fait appel à un entraîneur de la réserve, Ion Ansotegi, pour assurer l'intérim jusqu'à la trêve hivernale.

Les leçons à tirer pour l'avenir

L'épisode Francisco sert de révélateur aux difficultés de la Real Sociedad en période de transition. Le départ simultané d'Alguacil et du directeur sportif Robert Olabe, parti à Aston Villa, a créé un vide structurel. Le successeur d'Olabe, Erik Bretos, hérite d'un lourd dossier.

Le nom de Pellegrino Matarazzo, ancien coach de Hoffenheim et Stuttgart, circule pour prendre les rênes de manière permanente. Quel que soit le choix, la priorité sera de redonner une identité de jeu et de combler les lacunes criantes de l'effectif, notamment en attaque. L'ère Alguacil est bel et bien révolue, et la Real doit maintenant écrire une nouvelle page, loin des sommets européens mais surtout, très loin de la descente.

Partager
Rédigé par
Antonio Delgado

Basé à Madrid, Antonio Delgado suit la Liga espagnole depuis plus de dix ans. Il couvre l’actualité des clubs phares du championnat — Real Madrid, FC Barcelone, Atlético de Madrid, Valence, Séville — ainsi que les formations européennes et les jeunes talents émergents. Il analyse au quotidien les conférences de presse, les blessures, les déclarations officielles, les tendances tactiques, les performances individuelles et l’évolution des clubs espagnols dans les compétitions européennes. Avec une approche rigoureuse, claire et structurée, Antonio est la référence Liga de LiveFoot.

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *