La tension est à son comble entre Raúl Martín Presa et la communauté du Rayo Vallecano. Le président-propriétaire du club madrilène, confronté à une hostilité grandissante de la part des supporters, maintient pourtant sa position. Malgré les critiques virulentes et les manifestations récentes, il affirme ne pas avoir l'intention de céder le club, rejetant des offres substantielles venues de l'étranger.
Un président sous le feu des critiques
La saison a été marquée par une défiance croissante envers la direction. Les joueurs et l'entraîneur ont publiquement dénoncé des conditions de travail jugées inadaptées, conduisant même à l'annulation d'un match à domicile. Récemment, l'équipe a dû évoluer à Butarque, sur le terrain du Leganés, en raison de l'état dégradé de la pelouse du stade de Vallecas. Lors de ce déplacement, Presa a été accueilli par des chants hostiles de milliers de supporters, tandis que des rassemblements de protestation se tenaient dans le quartier emblématique.
Des offres de rachat déclinées
En dépit de cette fracture, la volonté de vente n'est pas au rendez-vous. Selon des informations concordantes, l'homme d'affaires a repoussé plusieurs propositions. Un investisseur chinois avait proposé environ 100 millions d'euros par le passé. Plus récemment, un fonds d'investissement catalan, Strategic Value Partners, était prêt à mettre 150 millions sur la table. Des intérêts du Moyen-Orient ont également été évoqués. Aucune n'a trouvé grâce aux yeux de Presa, qui avait acquis le club pour une somme symbolique en reprenant une dette colossale de plus de 60 millions d'euros.
Le cœur du conflit : l'avenir du stade
Le point de friction majeur concerne l'enceinte historique. Le président souhaite déménager le club hors de Vallecas, un quartier dont le Rayo est indissociable. Cette volonté alimente les suspicions d'un projet immobilier lucratif sur le terrain actuel. Cependant, le gouvernement régional de Madrid a clairement pris position contre un déménagement. La présidente de la communauté, Isabel Díaz Ayuso, a annoncé fin janvier que le stade resterait à sa place. Les autorités prévoient une rénovation pour améliorer la sécurité, augmenter la capacité et permettre une utilisation polyvalente, une vision partagée par le ministre régional des Sports.
Une rénovation sur place est possible
L'argument de Presa sur l'impossibilité de moderniser l'Estadio de Vallecas sur son emplacement actuel est contesté. Une étude commandée par la fédération des peñas du club à un cabinet d'architectes démontre qu'une transformation est réalisable. Le projet, chiffré entre 40 et 50 millions d'euros pour une durée de travaux d'un an et demi, permettrait d'ajouter près de 10 000 places, portant la capacité totale à 25 000 spectateurs. Le plan inclut une réorientation du terrain et l'installation d'une toiture, avec l'ambition d'accueillir également des concerts, malgré les défis logistiques que cela pose en milieu urbain dense.
Laisser un commentaire