Le séisme madrilène a eu un effet de révélateur implacable pour l'AS Monaco. La lourde défaite concédée face au Real Madrid (6-1) a précipité la fin de l'ère Sébastien Pocognoli sur le Rocher. Arrivé en octobre dernier pour prendre la suite d'Adi Hütter, le technicien belge, lié au club jusqu'en 2027, a épuisé son crédit en un temps record.
Un bilan intenable et une communication en décalage
Avec un parcours désastreux de huit revers en dix-huit rencontres et une modeste neuvième place en Ligue 1, la direction a jugé la chute libre inacceptable. Une réunion de crise tenue dans la capitale espagnole a acté une ligne dure en interne. Le limogeage n'est plus une simple possibilité, mais une décision imminente. La recherche d'un successeur est déjà lancée, avec un profil bien précis en tête.
Le profil du pompier de luxe monégasque
Monaco ne souhaite pas retenter l'aventure avec un novice. Selon plusieurs sources proches du club, l'objectif est de dénicher un entraîneur rodé aux spécificités de la Ligue 1 et possédant une solide expérience européenne. L'idée est de faire appel à un manager opérationnel immédiatement, un véritable pompier de luxe capable de stabiliser le navire sans délai d'adaptation. Bien qu'aucune identité n'ait été officialisée, des rumeurs évoquent l'existence d'une short-list active, signe que le club veut éviter un interrègne dommageable.
La chute de Pocognoli ne s'explique pas uniquement par les mauvais résultats. Sa communication a été perçue comme déconnectée de la réalité sportive. Ses déclarations suivant le fiasco au Bernabéu, où il affirmait n'avoir aucun regret et maintenir sa philosophie de jeu optimiste, ont été mal reçues. Ce fossé entre la gravité de la situation et le calme affiché par l'entraîneur a convaincu les observateurs qu'il avait perdu la main.
L'ombre du traumatisme de 2019 plane sur Monaco
La direction monégasque est hantée par le souvenir de la saison 2018-2019, marquée par une valse d'entraîneurs – Leonardo Jardim, Thierry Henry, Franck Passi, puis le retour de Jardim – qui avait mené le club au bord du gouffre. En s'apprêtant à nommer un troisième coach dans la même saison, l'ASM prend un risque calculé. Cependant, face à l'urgence sportive et à la rupture consommée avec Pocognoli, l'immobilisme apparaît désormais comme l'option la plus périlleuse.
Le temps des longues réflexions est révolu. L'heure est à l'action rapide et déterminée. La mission du futur entraîneur sera simple dans son énoncé, mais redoutable dans son exécution : sauver la saison en championnat et redonner une stature européenne à un club dont les ambitions dépassent largement le ventre mou du classement.
Laisser un commentaire