La Ligue de Football Professionnel (LFP) avait fait une promesse solennelle en reprenant la diffusion du championnat : simplifier l'accès et mettre fin à la course aux abonnements coûteux. Sa plateforme, Ligue 1+, devait être le symbole de cette nouvelle ère, centrée sur le supporter. Un début de saison à un tarif attractif de 14,99 euros avait semblé concrétiser cette ambition.
Une hausse justifiée par un contexte financier tendu
Le paysage vient de basculer. Dès l'exercice 2025-2026, Ligue 1+ diffusera l'ensemble des neuf rencontres de chaque journée, suite au retrait de beIN Sports. Si l'exclusivité contente les puristes, elle a un prix : l'abonnement mensuel passera à 19,99 euros. La LFP invoque un manque à gagner d'environ 80 millions d'euros lié au départ du diffuseur qatari, auquel s'ajoute le désengagement de DAZN. Dans un contexte où les clubs français sont financièrement vulnérables, cette augmentation apparaît comme une mesure de compensation logique, presque inévitable.
Le sentiment de trahison et le spectre du piratage
Le problème ne réside pas dans la nécessité économique, mais dans le sentiment qu'elle génère. En augmentant son tarif si rapidement après son lancement, Ligue 1+ donne l'impression d'avoir utilisé un prix d'appel avant de se conformer aux anciennes pratiques. Cette volte-face érode la relation de confiance que l'instance tentait de reconstruire. Elle ouvre surtout une brèche dangereuse face à l'IPTV, le piratage sportif qui n'a jamais cessé. Si le supporter estime que le rapport qualité-prix n'est plus au rendez-vous, le retour vers les offres illégales sera rapide. La LFP risque ainsi de recréer le fossé qu'elle prétendait combler.
À force d'annoncer des révolutions pour finalement reproduire les schémas connus, le football français alimente une lassitude profonde chez ses fans. Cette augmentation, bien que compréhensible sur le papier, pourrait être celle de trop, celle où le supporter décide de ne plus suivre le mouvement.
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