Le football français traverse une nouvelle période de turbulences. Vincent Labrune, le président de la Ligue de Football Professionnel (LFP), a dressé un constat sans appel ce jeudi : le projet de plateforme propre « Ligue 1+ » est en grande difficulté. Cet aveu, intervenu à l'issue d'un conseil d'administration tendu, révèle une profonde fracture au sein de l'instance dirigeante, incapable de soutenir collectivement son média maison. Cette situation instable met en péril la stabilité économique de nombreux clubs de l'élite.
La Coupe du Monde 2026, un coup d'arrêt fatal
L'élément déclencheur de cette crise est un revers commercial majeur. La FIFA a en effet attribué l'intégralité des droits télévisés payants pour la Coupe du Monde 2026 au groupe beIN Sports. Cette décision prive la Ligue 1+ d'un événement mondial capital pour attirer de nouveaux abonnés et asseoir sa crédibilité. Pour la LFP, cette défaite face aux géants de la diffusion est un sérieux revers qui érode sa position sur le marché.
Démission et divisions internes
Cette déconvenue a eu une conséquence immédiate : le départ de Nicolas de Tavernost de son poste de directeur général de LFP Media. L'ancien patron de M6, qui envisageait une action en justice contre la FIFA, s'est senti abandonné par les clubs, sans recevoir le soutien escompté. Son retrait laisse un vide stratégique au moment le plus critique pour le projet.
Les divisions ne se limitent pas à ce départ. La victoire de beIN Sports, dirigé par Nasser Al-Khelaïfi, président du Paris Saint-Germain, alimente les suspicions au sein d'un paysage déjà clivé. Si le club parisien nie toute ingérence, plusieurs dirigeants de Ligue 1 craignent un jeu d'influences qui affaiblirait la plateforme de la Ligue au profit des diffuseurs traditionnels. Cette méfiance paralyse toute tentative de trouver une solution commune.
Un avenir incertain et des risques économiques
Face à cet échec, Vincent Labrune a sonné l'alarme. Sans plateforme propre pour négocier, la LFP se retrouve dans une position de faiblesse face aux chaînes historiques. Le spectre d'une nouvelle crise, semblable à celle provoquée par l'effondrement du contrat Mediapro, plane désormais. Le risque est réel de voir les prochains droits télévisés être cédés à un prix bien inférieur aux attentes.
L'ambition d'une diffusion autonome du championnat français semble aujourd'hui brisée. Sans une réconciliation rapide et un sursaut collectif des acteurs concernés, c'est l'ensemble du modèle économique de la Ligue 1 qui pourrait connaître des heures sombres, renvoyant le football français à ses vieux démons.
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