Face à l'explosion des flux illégaux, la Liga espagnole adopte une stratégie pour le moins originale. La ligue de football professionnel vient de mettre en place un système de rémunération destiné au grand public. Le principe est simple : toute personne signalant un bar, un hôtel ou un café diffusant des rencontres de championnat sans droits recevra une prime de cinquante euros.
Une guerre déclarée contre le piratage
Cette initiative s'inscrit dans une croisade de plus en plus frontale menée par l'instance dirigeante. Son président, Javier Tebas, a fait de la lutte contre les retransmissions pirates une priorité absolue, affirmant y consacrer la majeure partie de son temps. Il a même, par le passé, tenu des propos très forts en comparant cette pratique à des activités criminelles graves, soulignant l'ampleur du phénomène à ses yeux.
Un phénomène en pleine expansion
La mesure intervient dans un contexte de croissance vertigineuse du piratage. Les chiffres sont sans appel : au cours du premier semestre 2025, le nombre de streams illégaux aurait presque triplé en Espagne par rapport à l'année précédente. Une des explications avancées pour justifier cette envolée est le coût prohibitif des abonnements légaux. Suivre l'intégralité des matchs d'une équipe espagnole en Ligue des Champions peut en effet représenter un investissement dépassant le millier d'euros.
La ligne de dénonciation mise en place fonctionne de manière anonyme. Après réception d'un signalement, la Liga procède à une vérification. Une fois l'infraction confirmée, la prime de cinquante euros est versée sur le compte du dénonciateur. Une stratégie qui vise clairement à créer une dissuasion massive au sein des lieux publics, même si, paradoxalement, la compétition est diffusée gratuitement dans d'autres marchés comme la Chine.
Pour le président Tebas, l'équation est simple : si tous les consommateurs de streams pirates optaient pour des offres légales, le prix de ces dernières pourrait mécaniquement baisser. En attendant, la Liga mise sur la vigilance citoyenne, rémunérée, pour protéger ses précieux droits audiovisuels.
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