À l'Olympique de Marseille, le montant d'un transfert dépasse toujours la simple logique sportive. Il s'impose comme une marque indélébile, un poids ou une promesse. L'arrivée d'Igor Paixao pour la somme record de 30 millions d'euros représente ainsi un pari financier et symbolique de grande ampleur pour le club phocéen.
Le spectre de Vitinha plane sur le Vélodrome
Cette opération ne peut éviter la comparaison avec un précédent douloureux : celui de Vitinha. Comme le Portugais en son temps, le Brésilien a débarqué au Vélodrome avec le statut de solution offensive. Le premier n'a jamais répondu aux attentes, son départ constituant un aveu d'échec retentissant. Aujourd'hui, Paixao est évalué à l'aune de ce même investissement colossal, son prix d'achat occultant parfois sa contribution réelle sur le terrain.
Un bilan en demi-teinte qui divise
Avec neuf réalisations à son actif, le joueur de 24 ans n'est pas un élément inutile dans le dispositif de Roberto De Zerbi. Il participe activement au jeu collectif. Pourtant, une frange importante des supporters s'irrite de ses approximations techniques et d'une certaine maladresse dans la finition. Cette dualité crée un clivage net au sein de la base fan, particulièrement visible sur les réseaux sociaux.
Les avis sont tranchés. D'un côté, ses partisans mettent en avant son implication défensive et son altruisme. De l'autre, ses critiques pointent un attaquant dont le rendement final est insuffisant au regard de son coût. Ce débat reflète une période de recherche d'identité pour l'OM, où chaque prestation individuelle est scrutée avec une extrême sévérité.
La confiance de De Zerbi, un atout majeur
Une différence notable existe cependant avec le cas Vitinha. Paixao apparaît parfaitement intégré dans le schéma tactique et les intentions de son entraîneur. Roberto De Zerbi le considère comme un pion important, capable de comprendre et d'appliquer ses exigences. Cette adhésion totale du technicien est un capital précieux pour le Brésilien.
Mais au Vélodrome, la patience a toujours des limites. Si sa productivité offensive, notamment en termes de passes décisives et de régularité, ne s'améliore pas rapidement, la comparaison avec l'échec portugais deviendra de plus en plus pressante. La direction du club finira par s'interroger sur la réussite réelle de cet investissement.
Le temps presse désormais pour Igor Paixao. Il doit impérativement tracer son propre chemin et démontrer qu'il n'est pas un nouvel illusionniste coûteux. Dans l'antre marseillaise, seuls les chiffres et les actions décisives ont le pouvoir de faire taire les doutes. L'histoire reste à écrire.
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