La finale de la Coupe d'Afrique des Nations 2025, qui oppose ce dimanche le Maroc au Sénégal à Rabat, est précédée d'un débat financier inédit. Alors que les supporters anticipent un choc sportif, les discussions en coulisses se concentrent sur les sommes d'argent en jeu, avec des primes qui battent tous les records sur le continent.
Une enveloppe CAF historique
La Confédération Africaine de Football a considérablement augmenté les récompenses pour cette édition. L'enveloppe totale allouée aux équipes s'élève à 32 millions de dollars, un montant jamais atteint auparavant. Le vainqueur de la compétition empochera 10 millions de dollars, soit une hausse significative par rapport aux 7 millions touchés par la Côte d'Ivoire en 2023. Le finaliste malheureux recevra 4 millions, tandis que les demi-finalistes et les quarts de finalistes obtiendront respectivement 2,5 et 1,3 million de dollars chacun.
Le silence marocain qui fait parler
Si les primes de la CAF sont publiques, celles promises par les fédérations nationales relèvent du secret. La Fédération Sénégalaise de Football a déjà perçu environ 1,4 milliard de FCFA (2,1 millions d'euros) pour sa qualification en demi-finale. En revanche, la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) garde un silence total sur les bonus promis à ses joueurs.
Ce mutisme alimente les rumeurs. Plusieurs sources affirment que la FRMF aurait déjà distribué près de 8 millions de dollars à l'effectif après la phase de groupes. En cas de victoire finale, le pactole global, incluant la prime de la CAF, pourrait dépasser les 15 millions de dollars. Soutenue par des partenaires nationaux puissants, la fédération marocaine disposerait de ressources financières bien supérieures à la plupart de ses homologues africaines.
Un précédent qui change la donne
Pour mesurer l'ampleur de ces chiffres, un retour en arrière s'impose. Lors de son sacre en 2019, l'Algérie avait promis environ 150 000 euros par joueur. Deux ans plus tard, la Côte d'Ivoire victorieuse avait accordé près de 50 millions de FCFA à chaque international. Les montants évoqués pour le Maroc, s'ils se confirment, représenteraient un saut quantitatif majeur pour le football africain.
Un levier psychologique avant l'affrontement
Au-delà de l'aspect purement financier, ces primes influencent le climat pré-finale. Portés par leur public et la perspective de récompenses exceptionnelles, les Lions de l'Atlas abordent le match avec une motivation supplémentaire. Les Sénégalais, eux, misent sur une approche plus traditionnelle et transparente, centrée sur la cohésion de groupe et les primes officielles de la CAF.
L'entraîneur marocain, interrogé sur le sujet, a éludé les questions chiffrées, préférant souligner que les récompenses seraient à la hauteur de l'exploit accompli. La CAF, de son côté, ne réglemente pas les bonus internes des fédérations. Mais leur ombre plane incontestablement sur cette finale, ajoutant une dimension économique et symbolique à l'enjeu purement sportif de dimanche soir.
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