Ruben Amorim a surpris tout le monde. Pour la réception de Newcastle, le manager de Manchester United a délaissé sa fidèle défense à trois pour aligner son équipe en 4-2-3-1. Un virage tactique notable pour un technicien réputé pour son attachement au 3-4-3, un schéma qui lui avait pourtant si bien réussi au Sporting Portugal.
Une victoire à l'arraché
Le pari n'a pas produit un football étincelant, mais il a été payant. Grâce à une réalisation de Patrick Dorgu, les Red Devils se sont imposés 1-0, renversant le scénario de leur défaite de la saison dernière face aux Magpies. Cependant, les statistiques du match racontent une autre histoire. Newcastle a écrasé le duel possession (66,6% contre 33,4%) et a multiplié les tentatives (16 tirs contre 9). Les visiteurs ont également été beaucoup plus présents dans la surface adverse.
Pourtant, cette domination n'a pas été transformée en occasions franches. Les deux équipes ont terminé à égalité en termes de tirs cadrés (3) et de valeur de buts attendus (xG de 1,2 chacun). Le point positif majeur pour United réside dans sa solidité défensive retrouvée. Le club a signé seulement son deuxième clean sheet de la saison, et les notes individuelles attribuées par WhoScored à la ligne de défense à quatre ont été particulièrement élevées.
L'absence pesante de Bruno Fernandes
Au-delà du changement de formation, un autre facteur a largement influencé le visage de ce Manchester United : l'absence de Bruno Fernandes, blessé. Le milieu de terrain portugais est un élément central du jeu d'Amorim, apportant créativité, passes décisives et buts. Son importance se mesure à la performance historique de l'équipe sans lui. Avant cette rencontre, United n'avait plus gagné un match de Premier League sans Fernandes depuis mars 2022, enchaînant une série de résultats négatifs en son absence.
Un pragmatisme nécessaire pour Amorim
Il est difficile de tirer des conclusions définitives sur la base d'un seul match. Le système en 4-2-3-1 a certes offert plus de solidité et permis une victoire précieuse, mais au prix d'un abandon presque total de la possession. C'est le plus faible taux de balle contrôlée de la saison pour les Mancuniens.
Cette approche pragmatique pourrait toutefois s'avérer la plus réaliste dans la période actuelle. En l'absence de son maître à jouer Bruno Fernandes, et face à la nécessité impérieuse d'engranger des points, Ruben Amorim ne peut se permettre d'être trop exigeant sur la manière. La fin justifie parfois les moyens, et cette victoire arrachée, aussi imparfaite soit-elle, lui offre une piste de réflexion et un peu d'air.
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