À l'aube de la reprise et du choc contre Atalanta ce 28 décembre, l'Inter de Cristian Chivu présente un bilan contrasté. L'héritage de Simone Inzaghi, bâtisseur d'une équipe rodée et efficace, a laissé place à un projet plus audacieux, parfois risqué. Le technicien roumain, promu de la Primavera, a insufflé une énergie nouvelle mais a aussi révélé des fragilités qui pourraient coûter cher dans la course au titre.
Une philosophie radicale : la pression haute comme credo
Le changement le plus marquant sous Chivu est d'ordre tactique. Là où Inzaghi privilégiait un bloc compact et des transitions rapides depuis une défense basse, son successeur impose une ligne défensive avancée de plusieurs mètres. L'objectif est clair : étouffer l'adversaire dans son camp et récupérer le ballon le plus haut possible. Cette agressivité retrouvée, qui n'avait plus été vue depuis l'ère Antonio Conte, est portée par des éléments comme le jeune Petar Sučić, dont l'impact physique compense le vieillissement de Henrikh Mkhitaryan.
La jeunesse et Lautaro en point fort offensif
Autre signature de l'ère Chivu : la confiance accordée aux jeunes. Francesco Pio Esposito et le nouvel arrivant Ange-Yoan Bonny ont insufflé de la fraîcheur et apporté un profil plus physique en attaque. Cette dynamique profite également à Lautaro Martínez. Libéré des lourdes tâches de construction de jeu, le capitaine argentin évolue désormais plus près de la surface et trouve un second souffle, bénéficiant du pressing de ses milieux pour recevoir le ballon dans des positions dangereuses.
Le talon d'Achille : une défense vulnérable aux contres
Cependant, cette audace a un prix. En poussant ses arrières latéraux vers l'avant et en autorisant Alessandro Bastoni à des montées toujours plus offensives, Chivu expose son équipe comme rarement auparavant. Les statistiques sont formelles : le nombre de buts encaissés par match est en hausse. Les défaites contre l'Udinese, la Juventus et surtout le Milan en Derby ont mis en lumière cette faille béante. Une seule perte de balle en zone offensive peut se transformer en course-poursuite fatale pour une défense déséquilibrée.
Un équilibre à trouver pour viser le Scudetto
La question qui se pose désormais est celle de l'équilibre. Chivu, figure historique du club, incarne un renouveau courageux et correspond à l'ADN offensif de l'Inter. Il n'hésite pas à bousculer la hiérarchie pour imposer sa discipline tactique. Mais en troquant la stabilité héritée d'Inzaghi contre l'excitation du jeu à haut risque, il joue un pari. À la trêve hivernale, l'Inter reste dans le groupe de tête. Pourtant, pour transformer l'essai et rêver du championnat, il devra rapidement trouver le dosage parfait entre son idéal de pression étouffante et la solidité défensive qui a fait les grands succès du passé. Le match contre Atalanta, réputé pour son jeu direct et ses transitions rapides, constituera un test grandeur nature de cette quête d'équilibre.
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