L'arrivée d'Eirik Horneland à Saint-Étienne était censée insuffler un nouveau souffle. L'objectif était clair : redonner une identité offensive à un club meurtri et le ramener vers les hautes sphères. Pourtant, le récent match nul concédé face au modeste SC Bastia, alors que les Verts menaient à deux reprises, a brutalement mis en lumière les limites de cette ambition. Une sensation d'impuissance s'est installée : l'équipe possède le ballon, mais peine à maîtriser son destin.
Un passé en Norvège qui résonne à Geoffroy-Guichard
Pour comprendre les interrogations actuelles, il faut regarder du côté de la Scandinavie. Avant de poser ses valises dans la Loire, Horneland a connu une expérience mitigée à la tête d'un autre géant aux pieds d'argile : le Rosenborg BK. Recruté en 2019 pour redonner des couleurs au club le plus titré de Norvège, son passage à Trondheim fut de courte durée. Malgré des intentions offensives affichées, les résultats n'ont pas suivi, conduisant à son licenciement après seulement dix-huit mois. L'incapacité à concilier un jeu ambitieux avec l'exigence de résultats immédiats dans un club historique fait écho à la situation actuelle de l'ASSE.
Des schémas tactiques pointés du doigt
Les observateurs norvégiens avaient déjà identifié certaines faiblesses structurelles dans le football prôné par le technicien. Son attachement à un 4-3-3 très resserré, où les ailiers convergent vers l'intérieur, laisse systématiquement des espaces dans les couloirs. Ce système, pour être efficace, requiert des latéraux d'une grande endurance et un milieu récupérateur irréprochable. À Saint-Étienne, le constat est similaire : une domination balle au pied souvent stérile, ponctuée de transitions défensives périlleuses. La vulnérabilité face aux contres et aux renversements de jeu, déjà documentée outre-mer, se reproduit ainsi en Ligue 2.
L'ombre d'une relégation et la pression stéphanoise
Un autre chapitre de son histoire est souvent occulté. Horneland était aux commandes du SK Brann Bergen lors de la descente du club en deuxième division norvégienne en 2021. S'il a ensuite brillamment opéré la remontée, cette expérience de la chute prend une dimension particulière à Saint-Étienne, où la crainte d'un nouvel enfer est omniprésente. Le club vert joue avant tout sa survie sportive, une urgence qui semble en décalage avec la vision à plus long terme d'un entraîneur réputé pour être un bâtisseur, exigeant des profils spécifiques pour son projet.
La question n'est désormais plus seulement stylistique. Elle devient existentielle. L'adéquation entre la philosophie d'Eirik Horneland, nécessitant du temps et des joueurs adaptés, et l'impérieuse nécessité de résultats immédiats à l'ASSE, apparaît de plus en plus complexe. Le doute, nourri par un passé norvégien en demi-teinte, s'est invité dans les travées de Geoffroy-Guichard.
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