Le parcours de Gareth Bale au Real Madrid reste l'un des plus paradoxaux de l'histoire récente du football. Malgré une moisson de titres et des buts décisifs en Ligue des Champions, le Gallois n'a jamais réussi à conquérir pleinement le cœur du Bernabéu. Dans un récent entretien, le désormais retraité lève le voile sur cette période complexe.
Un Galactico malgré lui
Bale explique être arrivé à Madrid avec une seule idée en tête : jouer au football. Il reconnaît aujourd'hui avoir été naïf face à l'ampleur médiatique et aux exigences qui entourent le statut de star du club. Selon lui, cette méconnaissance initiale a contribué à forger une image publique éloignée de sa véritable personnalité, une image qu'il n'a jamais cherché à corriger.
La guerre des médias espagnols
L'attaquant gallois avoue avoir délibérément tenu les médias à distance, refusant de mélanger sa vie privée et sa carrière sportive. Une stratégie de protection qu'il a adoptée très tôt, après une mauvaise expérience de lecture d'articles critiques durant ses jeunes années à Southampton. Cette méfiance l'a conduit à ignorer complètement les réseaux sociaux et la presse durant son séjour madrilène, préférant se concentrer sur le terrain.
Des relations apaisées dans le vestiaire
Contrairement aux récits parfois conflictuels relayés par certains tabloïds, Bale assure n'avoir jamais eu le moindre différend avec ses coéquipiers, y compris Cristiano Ronaldo. Il précise que ses contacts avec l'effectif merengue sont aujourd'hui rares, mais que l'ambiance au quotidien était toujours bonne.
L'affaire du drapeau : un malentendu devenu symbole
L'épisode le plus marquant de cette fracture avec l'opinion publique espagnole reste la célébration de la qualification du Pays de Galles pour la Coupe du Monde 2022. Photographié devant un drapeau proclamant « Le Pays de Galles. Le Golf. Madrid. Dans cet ordre. », Bale a été crucifié par la presse.
Il livre sa version des faits : le drapeau lui a été présenté spontanément par des supporters lors des festivités. Refusant de jeter un symbole national, il a choisi de rester à proximité sans pour autant le brandir lui-même. L'ancien joueur minimise également sa passion supposée pour le golf, qu'il pratiquait selon ses dires seulement tous les quinze jours environ, loin de l'image du joueur accro au green.
Rétrospectivement, il considère cet épisode avec philosophie, préférant en rire plutôt que de s'en attrister, tout en reconnaissant que la désinformation a joué un rôle clé dans le scandale.
Une leçon pour les futurs Britanniques à Madrid
L'aventure de Bale sert aujourd'hui de cas d'école pour les joueurs britanniques envisageant de rejoindre la capitale espagnole. Elle souligne l'importance, dans ce contexte particulier, de « jouer le jeu » médiatique et de montrer une volonté d'intégration. Des leçons que des joueurs comme Jude Bellingham semblent avoir intégrées, en affichant d'emblée une attitude ouverte et des efforts pour s'exprimer en espagnol.
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