La descente aux enfers est spectaculaire. Après plusieurs saisons à fréquenter régulièrement les coupes d'Europe, la Fiorentina se retrouve aujourd'hui lanterne rouge du championnat italien. Un effondrement qui interroge et inquiète dans la cité des Médicis, où le mot « relégation » résonne désormais comme une menace tangible.
Une instabilité chronique sur le banc
Le premier facteur de cette débâcle réside dans une incroyable instabilité technique. Le départ de Vincenzo Italiano, critiqué pour son manque de titres mais dont le schéma de jeu était clair, a laissé un vide immense. Son succès immédiat à Bologne, couronné par une Coppa Italia et une qualification européenne, ajoute aujourd'hui à l'amertume florentine.
Raffaele Palladino, son successeur, a certes ramené le club sur la scène continentale, mais son départ précipité, sur fond de désaccord avec l'ancien directeur sportif Daniele Pradè, a plongé le club dans le flou. Le recrutement de Stefano Pioli, censé apporter de l'expérience et de la stabilité, s'est révélé être un échec cuisant. Son football terne n'a jamais décollé, conduisant à son limogeage.
L'arrivée de l'énergique Paolo Vanoli devait insuffler un nouveau souffle. Pour l'instant, c'est l'effet inverse qui se produit : aucune amélioration notable, un jeu tout aussi pauvre, et une confiance des joueurs plus fragile qu'une feuille de papier.
Un vestiaire en crise et un jeu sans âme
Sur le terrain, la crise est totale. L'équipe semble enfermée dans un carcan tactique. L'ère Palladino a vu disparaître les ailiers typiques utilisés par Italiano, sans pour autant trouver une alternative convaincante. Résultat : un milieu de terrain surpeuplé de joueurs en sous-régime, où seul Rolando Mandragora tire son épingle du jeu.
Les choix de recrutement sont aujourd'hui vivement remis en cause. Les départs de Yacine Adli, Danilo Cataldi ou Edoardo Bove sont regrettés, tandis que les arrivées de Nicolò Fagioli, Hans Nicolussi Caviglia ou Simon Sohm n'ont pas tenu leurs promesses. À l'avant, des attaquants expérimentés comme Edin Dzeko ou Roberto Piccoli restent muets, et Moise Kean souffre d'un manque criant de services.
La défense, elle, est devenue l'une des plus perméables du Calcio. L'incertitude règne sur la hiérarchie, et trop d'éléments ont régressé. La fenêtre de janvier apparaît comme une bouée de sauvetage indispensable pour tenter d'inverser la tendance.
Une tempête parfaite en dehors du terrain
Les problèmes ne se limitent pas au rectangle vert. La santé du président Rocco Commisso alimente les rumeurs d'une éventuelle vente du club. Le projet de rénovation du Stadio Artemio Franchi, symbole d'un avenir meilleur, traîne en longueur. Le départ de Pradè, réclamé par les supporters, n'a pas eu l'effet escompté sur les performances.
Dans cette ville au passé glorieux, le club est sous un microscope permanent. La pression est immense, et le groupe semble la subir pleinement, comme en témoignent les nombreux points lâchés après avoir mené au score. La nervosité est palpable à chaque sortie.
Un match capital pour éviter le naufrage
Dans ce contexte, la réception de l'Hellas Verona prend une dimension vitale. Une défaite, ou même un match nul, pourrait sceller le sort des Violettes avant même la mi-saison, les laissant totalement décrochées. Une victoire, en revanche, leur redonnerait une lueur d'espoir et les remettrait dans le sillage des barragistes.
Le mercato hivernal sera crucial, mais il semble encore lointain. Pour l'heure, l'équipe donne l'impression de s'enliser un peu plus chaque week-end. Le jeu est prévisible, les transitions lentes, et le poids de l'histoire semble trop lourd à porter. Les nuages s'accumulent au-dessus de Florence, et les supporters, qui ont connu des heures bien plus glorieuses, se préparent à affronter une longue saison des pluies.
Laisser un commentaire