Le vertige a saisi le FC Barcelone. En l'espace de quatre jours, les hommes de Hansi Flick ont encaissé deux défaites lourdes de sens, face à l'Atlético Madrid (4-0) puis à Girona (1-0). Un séisme qui interroge les fondements même du jeu pratiqué par le club catalan cette saison.
Un système à haut risque mis à nu
La philosophie de Flick, basée sur une ligne défensive très haute et un pressing intense, a montré ses limites de manière spectaculaire. Au Metropolitano, le Barça a subi son pire revers contre l'Atlético depuis 86 ans, concédant quatre buts en première mi-temps. Le scénario s'est répété à Montilivi, où Girona a su exploiter les mêmes failles pour s'imposer dans les derniers instants.
Pourtant, cette approche n'est pas nouvelle. L'an dernier déjà, elle était qualifiée d'audacieuse, voire de risquée. La différence réside dans l'efficacité. Si les statistiques globales en Liga sont similaires (un point et un but de mieux à cette période), l'équation offensive a radicalement changé.
L'attaque en berne, le cœur du problème
Le trio offensif vedette du Barça est loin de ses standards. Comparé à la saison dernière à la même date, la production a chuté : 41 buts et 21 passes décisives contre 68 buts et 37 passes auparavant. Les absences répétées de Raphinha et la mise à l'écart progressive de Robert Lewandowski, dont les coéquipiers semblent désormais ignorer les appels dans la surface, expliquent en grande partie cette baisse de rendement.
En défense, le départ d'Iñigo Martinez et les performances en dents de scie de Pau Cubarsí, associé à Eric Garcia, ont fragilisé l'édifice. La complémentarité fait défaut dans un duo trop homogène dans son approche du jeu.
L'absence cruciale de Pedri
Le maillon essentiel manque à l'appel. Pedri, par sa capacité à ralentir le jeu et à créer du temps dans les espaces serrés, est l'élément qui donnait de la précision au chaos organisé par Flick. Son absence prolongée cette saison (13 matchs manqués) prive le Barça de son métronome et de sa lucidité au milieu de terrain.
Flick inflexible face aux doutes
La réaction du technicien allemand est sans appel. À la suite de la déroute madrilène, il a tenu une réunion d'une heure avec son groupe pour réaffirmer ses principes : intensité, pressing haut, discipline tactique. Contre Girona, malgré les discussions internes évoquant un possible assouplissement du système en l'absence de Pedri et Raphinha, la ligne défensive était aussi haute que jamais. Un message clair sur sa volonté de ne pas transiger.
Le danger pour Flick est désormais que ce doute s'installe durablement chez ses joueurs. Dans un football de marges infimes, toute hésitation est fatale. Les deux dernières rencontres en ont été la parfaite illustration. Si la confiance dans le projet vacille, la crise devient réelle.
Le calendrier offre un répit avec des rencontres face à Levante et Villarreal. C'est l'occasion pour Flick de procéder à un diagnostic complet. Mais le temps presse. L'entraîneur doit désormais trouver des solutions pour réduire les variables dans son équation à haut risque, car pour la première fois depuis son arrivée, des réponses sont exigées de l'intérieur même du club.
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