Le choc a été sévère. La défaite 5-0 concédée face au Paris Saint-Germain a agi comme un révélateur implacable des difficultés traversées par l'Olympique de Marseille. Au-delà du terrain, cette faillite collective place sous une lumière crue la stratégie sportive du club et ses architectes.
Un modèle de gestion sous pression
La politique de recrutement et de gestion de l'effectif, menée par le président Pablo Longoria et son conseiller Medhi Benatia, est désormais au cœur des critiques. Leur approche, fondée sur une rotation importante des joueurs et une recherche de valorisation sportive et financière, est aujourd'hui questionnée. Cette déroute historique pourrait précipiter des changements majeurs dans la gouvernance du club, des évolutions qui semblaient se préparer en coulisses depuis un certain temps.
L'ombre portée de la propriétaire
Alors que Longoria orchestre les mouvements sur le marché des transferts, une figure discrète mais influente gagne en importance dans l'organigramme marseillais. Shéhérazade Semsar-de Boisséson, PDG de McCourt Global – la holding propriétaire du club – et membre clé du conseil de surveillance, incarne cette autorité montante. Proche collaboratrice de Frank McCourt, elle définit les grandes orientations stratégiques et supervise les questions de gouvernance.
Son pouvoir, qui transcende le domaine purement sportif, lui confère un droit de regard sur la direction exécutive. Si elle ne s'immisce pas dans le choix des joueurs, elle fixe en revanche le cadre financier dans lequel l'équipe dirigeante opère. Surtout, elle détient la prérogative de décider du maintien ou du remplacement du président en période de turbulence. Sa présence observatrice en tribune présidentielle symbolise cette influence grandissante, tandis que les mauvais résultats sportifs érodent la position de Longoria.
Un précédent qui hante le Vélodrome
Cette configuration évoque un épisode récent et douloureux pour les supporters : la fin du mandat de Jacques-Henri Eyraud. Lui aussi proche du propriétaire, il avait finalement été contraint à la démission après une série de crises et une rupture avec l'écosystème du club. Aujourd'hui, le président espagnol semble emprunter un chemin similaire.
Le fiasco du Classique, un mercato sujet à débat et un climat social tendu constituent autant d'éléments susceptibles d'offrir à Semsar-de Boisséson et au conseil de surveillance les arguments nécessaires pour engager un changement de direction. Pablo Longoria n'est pas encore officiellement sur la sellette, mais son mandat n'a jamais semblé aussi précaire. Il apparaît comme le fusible potentiel d'un projet propriétaire souhaitant préserver une certaine distance avec la colère des fans. Si la situation sportive ne se redresse pas rapidement, l'ascension de cette nouvelle figure décisionnaire pourrait sceller le destin du président marseillais.
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