La mission de Daniel Thioune à la tête du Werder Brême s'annonce périlleuse. Nommé en cours de semaine, l'entraîneur de 51 ans hérite d'une équipe pleinement engagée dans la bataille pour le maintien, une situation que le capitaine Marco Friedl a récemment qualifiée de « retour à la normale » pour le club.
Un héritage tactique lourd
Pour son baptême du feu en Bundesliga face à Fribourg, Thioune a opté pour la continuité. Il n'a procédé à aucun changement majeur dans le schéma ultra-défensif en 3-3-2-2 mis en place par son prédécesseur, Horst Steffen. La seule modification notable a été la titularisation de Keke Topp à la place de Samuel Mbangula.
La rencontre a pourtant bien débuté avec une tentative acrobatique de Justin Njinmah, mais le gardien adverse Noah Atubolu a préservé sa cage. Cet échec a semblé entamer la confiance de l'attaquant et, par ricochet, celle de l'ensemble de l'équipe. Malgré un avantage numérique pendant quarante minutes, Brême n'a pas réussi à se montrer dangereux, se contentant de tirs lointains. L'équipe n'a généré qu'une faible valeur de buts attendus (xG) de 0,97, illustrant un cruel manque de mordant offensif.
Un effectif déséquilibré à redresser
Le problème central de Brême ne date pas d'hier. La direction sportive, emmenée par Clemens Fritz et Peter Niemeyer, a constitué un effectif déséquilibré, surchargé de milieux offensifs de soutien comme Jens Stage, Romano Schmid ou Marco Grüll, mais dépourvu de véritables buteurs de pointe.
Les départs de Marvin Ducksch et Oliver Burke n'ont pas été compensés, et ni Topp ni Njinmah ne semblent actuellement en mesure d'endosser le rôle de numéro neuf fixe. Le retour de blessures, notamment celui de Leonardo Bittencourt au milieu, apportera de la combativité mais ne résoudra pas le problème d'efficacité devant le but.
Un calendrier et un historique inquiétants
Le calendrier pourrait offrir une bouffée d'oxygène après la réception imminente du Bayern Munich. Une série de matches contre des adversaires à sa portée s'annonce. Pour espérer le maintien, Thioune devra impérativement engranger des victoires.
Les comparaisons avec le passé sont alarmantes. Lors de la saison de relégation 2020/21, Brême avait également cumulé 30 points après 27 journées sous la direction de Florian Kohfeldt. Le club n'avait alors ajouté qu'un seul petit point jusqu'à la fin du championnat. Pour éviter un scénario similaire, Daniel Thioune doit rapidement trouver la formule pour transformer l'essai et remporter ce premier match décisif, ce fameux « dreier » qui lui manque tant.
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